emploi

Bêtes, méchants, dangereux !

Toujours plus dans l’ignoble, la prochaine étape se précise.

Flexibilité du travail :

ce que prépare le gouvernement

Pas de coup de barre à gauche, mais une accélération des réformes du marché du travail. Au lendemain du second tour des élections départementales, l’exécutif est prêt à accorder plus de souplesse aux entreprises en contrepartie du maintien de l’emploi.

Catherine Gasté | 30 Mars 2015, 10h41 | MAJ : 30 Mars 2015, 11h31 le Parisien

Le gouvernement s'apprête à poser la première pierre d'un nouveau compromis avec les partenaires sociaux. Ici Laurent Berger (CFDT), Pierre Gattaz (Medef) et Jean-Claude Mailly (FO).
Le gouvernement s’apprête à poser la première pierre d’un nouveau compromis avec les partenaires sociaux.
Ici Laurent Berger (CFDT), Pierre Gattaz (Medef) et Jean-Claude Mailly (FO). AFP

Imposer une baisse des salaires et augmenter le temps de travail, plutôt qu’envoyer les gens au chômage… C’est désormais la doxa gouvernementale en matière sociale. Alors que la hausse quasi continue du chômage n’en finit pas de compromettre l’engagement présidentiel d’une inversion de la courbe, l’exécutif va accélérer le chantier de la réforme du marché du travail ouvert il y a deux ans.

Après des discussions menées en coulisse ces derniers jours, selon nos informations, le gouvernement s’apprête à poser la première pierre d’un nouveau compromis avec les syndicats… réformistes. Objectif : lâcher la bride aux entreprises en difficulté en leur donnant plus de souplesse (aménagement du temps de travail, modération salariale) le temps que la tempête passe. Une demande du Medef. A une condition : le maintien des emplois. Les partenaires sociaux doivent se rencontrer aujourd’hui pour en discuter avant une rencontre au sommet le 3 avril.

Depuis deux ans, les « accords de maintien de l’emploi » permettent déjà cette sorte de flexisécurité à la française. En cas de graves difficultés économiques, par un accord majoritaire avec les syndicats, l’entreprise peut imposer aux salariés de sauvegarder l’emploi en échange de contreparties en termes de salaire ou de temps de travail. Sauf que le dispositif n’a jamais décollé : seulement quelques dizaines d’accords ont été signés. Cette mesure négociée en 2013 par le patronat, la CFDT, la CFTC et la CGC « doit être améliorée car, de l’avis des experts, y compris les moins ultralibéraux, elle est quasi inapplicable », indique une source gouvernementale.

Coup de barre libéral ? (??? de l’humour peut-être)

Parmi les pistes envisagées selon nos informations, l’exécutif souhaite augmenter le délai pendant lequel un employeur peut imposer baisses de salaire et plus d’heures de travail. Actuellement limitée à deux ans au maximum, cette durée pourrait être portée à trois ou quatre ans. Autre assouplissement : jusqu’ici il était impossible de diminuer la rémunération des salariés touchant moins de 1,2 smic, ni de descendre en dessous de ce seuil pour tous les autres. Ce verrou pourrait sauter. Autre modification en vue : les salariés refusant ces modalités bénéficient actuellement d’un droit au licenciement économique, plus avantageux en termes de formation et d’allocations. A l’avenir, ce serait un licenciement simple. Enfin, il est envisagé de revoir la définition jugée trop vague et trop restrictive des difficultés économiques qu’une entreprise doit démontrer pour bénéficier de cette mesure. Syndicats et patronat auront apparemment beaucoup de choses à se dire… Le gouvernement, lui, devra s’assurer que sa majorité accepte ce coup de barre libéral.

Et on prépare le terrain avec tout ce que l’on a sous la main

Travail : Tirole et d’autres économistes appellent à une grande réforme

AFP le 30/03/2015 à 13:19

Jean Tirole, prix nobel d'économie 2014 (si...si...c'est vrai!)

Jean Tirole, prix nobel d’économie 2014 (si…si…c’est vrai !)

Le lauréat du prix Nobel d’économie Jean Tirole et plusieurs autres chercheurs appellent lundi dans Les Echos à une grande réforme du marché du travail en France, passant par une simplification des procédures de licenciement.

Dans cette tribune réclamant un « Jobs Act » à la française, pour reprendre un terme anglais en vogue, utilisé par exemple par le gouvernement italien, les économistes proposent quatre pistes: une amélioration de la formation professionnelle, une réforme de l’assurance-chômage, une baisse du coût du travail, et une réforme du licenciement économique.

C’est sur ce dernier point que les chercheurs sont le plus précis, à quatre jours d’une conférence convoquée par le gouvernement sur les réformes du marché du travail, et alors que syndicats et patronat se retrouvent lundi autour de ce thème.

M. Tirole et ses co-signataires suggèrent que le juge se contente de vérifier en cas de licenciement économique que l’entreprise a bien engagé une réorganisation, et non pas que sa situation économique est compromise. Ils estiment qu’une entreprise doit pouvoir licencier non seulement pour « sauvegarder » sa compétitivité, mais aussi pour l’améliorer.

Ils appellent aussi à supprimer dans le code du travail l’expression « et sérieuse », dans l’article qui lie tout licenciement économique à une « cause réelle et sérieuse », une formulation selon eux « source d’innombrables contentieux ». Enfin, les économistes estiment que « l’obligation de reclassement ne doit pas incomber aux entreprises, mais au service public de l’emploi ».

Sur l’assurance-chômage, les 15 signataires proposent une « modulation des cotisations des entreprises (…) selon la logique de bonus-malus », et d’encourager « les demandeurs d’emploi qui le peuvent à sortir au plus vite du chômage ».

Sur le coût du travail, ils entendent « recentrer les aides actuelles autour du SMIC, car c’est là qu’elles génèrent le plus de créations d’emplois ».

M. Tirole a critiqué à plusieurs reprises l’organisation du marché du travail en France, qui selon lui contribue au chômage de masse, et appelé à s’inspirer des réformes menées par exemple en Allemagne et en Suède pour le rendre plus flexible.

Je propose que l’expression « et sérieuse » soit bannie du vocabulaire des économistes dits orthodoxes

Le chômage tue

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