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Retrouver nos chercheurs…fondamental !

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Sciences en marche

Cécile Milet, coordinatrice de Sciences en marche Île-de-France sud

« Je suis depuis quatre ans et demi en post-doc (CDD après la thèse – ndlr). Et au chômage depuis septembre. Je fais de la biologie du développement. Mes recherches portent sur une population de cellules, la crête neurale, qu’on peut observer chez les embryons de vertébrés, et je travaille en utilisant la grenouille comme modèle d’étude. Les mécanismes qui permettent à ces cellules de migrer sont les mêmes que ceux des cellules des métastases.

C’est vraiment de la recherche fondamentale et en même temps cela peut permettre de comprendre des défauts congénitaux, de faire des parallèles avec les cellules tumorales. Depuis ma thèse, j’ai enchaîné les contrats « post-doc » pour des durées variables. Treize mois financés par la région Île-de-France, trois mois par la Ligue contre le cancer.

Je n’ai pas encore passé les concours du CNRS et de l’Inserm parce que même à bac +14, mon dossier n’est pas assez étoffé, compte tenu de la concurrence. Lorsque j’ai passé les concours de maître de conférences, les personnes qui ont été recrutées avaient en moyenne cinq ans de plus que moi. En se lançant dans une carrière de chercheur, on savait que ce serait dur mais pas autant. J’espère décrocher un nouveau contrat de post-doc en janvier sinon je serai peut-être obligée d’abandonner la recherche alors que ce métier me passionne et est extrêmement enrichissant. »

Isabelle Foucher, ingénieur de recherche statutaire

« J’ai 39 ans. Après ma thèse, j’ai fait mon post-doctorat en Angleterre. Avant d’être titularisée, j’ai aussi vécu des années en CDD avec chaque année l’épée de Damoclès quant à savoir si j’allais pouvoir continuer. J’ai attendu d’avoir 36 ans pour faire un enfant. J’adore ce que je fais. Je gagne 2 200 euros. D’ailleurs, nos professions sont dans une situation paradoxale puisque les gens aiment ce qu’ils font et pourtant il y a aussi une énorme détresse humaine. Autour de nous, beaucoup ont arrêté ou ont finalement accepté des emplois à bac +2.

Sara Ortica, ingénieur d’étude en CDD (italienne)

« Je suis italienne. Mon CDD ici va être renouvelé pour trois ans. J’ai fait mon doctorat en France à l’institut Pasteur. Je gagne 1 700 euros par mois.

Michaël Demarque, chargé de recherche

« Je suis chargé de recherche première classe. Je n’ai été recruté au CNRS qu’à 37 ans. Après ma thèse, je suis parti cinq ans et demi aux États-Unis et j’ai passé huit mois au chômage à mon retour, ou plus exactement comme allocataire de l’ATA (allocation temporaire d’attente) puisque j’avais perdu mes droits au chômage. Soit 330 euros par mois. On passe par des moments où l’on se demande si l’on va pouvoir continuer. Quoi que dise le gouvernement actuel, la ligne politique est exactement la même que sous le précédent. L’idée dominante selon laquelle il faut avoir une lisibilité immédiate des applications de nos recherches s’est même renforcée.

Anne-Hélène Monsoro-Burq, professeur en biologie et chef d’équipe de recherche à l’Université Paris Sud

« La qualité de la recherche française est excellente. Il faut bien mettre cela en avant. Il faut aussi comprendre que cette grande qualité est le résultat d’un soutien efficace à la recherche tout au long des dernières décennies. Il est absurde et irresponsable de faire des économies de bouts de chandelle sur le dos de nos laboratoires : on sape l’avenir de la recherche en France et on le paiera cher, pas tout de suite, mais dans dix, vingt ans assurément. Les pouvoirs publics, peut-être mal conseillés, n’ont aucune vision à long terme. »

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