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Ah ! Taubira Taubira…

La Rochelle : visite surprise de Taubira aux « frondeurs » qui font salle comble

AFP le 30/08/2014 à 18:38

La ministre de la Justice Christiane Taubira, dernier électron libre de l’équipe Valls II, a créé la surprise samedi en rendant visite aux « frondeurs » du PS, qui ont fait salle comble pour faire entendre leur voix face à la ligne économique du gouvernement, au deuxième jour de l’Université d’été du PS.

Cette visite, qui pouvait passer pour une provocation à l’égard de Manuel Valls, avec qui elle a eu souvent des relations tendues, a été dédramatisée par le Premier ministre, qui a estimé qu’elle ne remettait pas en cause « la cohésion du gouvernement ».

Les contestataires, profitant du rendez-vous annuel de la famille socialiste à La Rochelle pour lancer leur club « Vive la gauche », ont rassemblé dès 09H00 plusieurs centaines de personnes dans un amphithéâtre de la faculté de lettres, à quelques encablures de l’université d’été du PS.

Mais la vraie surprise de leur rencontre a été la – très brève – venue de la garde des Sceaux, arrivée à vélo devant une nuée de journalistes. Mme Taubira a fait mine de s’étonner que sa présence puisse surprendre. « J’ai été invitée il y a plusieurs semaines, je crois qu’on peut entendre les débats. Je ne vois vraiment pas où est le problème ».

Et d’ajouter, bravache, à sa sortie: « Ce matin, j’ai pris ma part » au débat politique et « j’en assume les conséquences ».

« Christiane Taubira est membre du gouvernement et a confirmé son engagement au président de la République et à moi-même, il y a une semaine. La cohérence, la clarté, la cohésion voulues par le président de la République ne sont évidemment pas mises en cause », a déclaré Manuel Valls en arrivant dans l’après-midi à la Rochelle ».

« C’est très bien que ça se passe ainsi, c’est bien que cette université d’été montre qu’il y a des débats, des discussions. Vous savez, le pays a des doutes, des interrogations, il a exprimé des colères et des frustrations à l’occasion du dernier scrutin, et il n’y aurait pas un débat ? », a poursuivi Manuel Valls, qui a eu droit à un accueil houleux de manifestants cégétistes.

Benoît Hamon a toutefois été remercié du gouvernement, après avoir dit n’être « pas loin » des frondeurs.

Samedi matin, ceux-ci ont réclamé un « plan d’urgence alliant un soutien ciblé aux entreprises, du pouvoir d’achat supplémentaire pour les familles et un maintien d’une capacité d’investissement local » et appelé à « dépasser les institutions asphyxiantes » de la Ve République.

Avant l’arrivée de Mme Taubira, Gérard Filoche, représentant de l’aile la plus à gauche du parti, avait lancé: « Ici, c’est le cœur du PS, c’est la majorité du PS (…) C’est Valls qui devra s’incliner ». « Nous ne sommes pas là pour rompre », a nuancé Henri Emmanuelli, tout en déplorant que le gouvernement cherche à imposer une « ligne politique minoritaire ».

 

 Montebourg et le « destin » des « hommes d’Etat »

 

« Les contestataires sont extrêmement divisés, il n’y a rien dans leur appel, ce sont des incantations générales », a réagi le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen tout en jugeant « un peu problématique » leur rassemblement.

Lui aussi un temps annoncé chez les frondeurs, Arnaud Montebourg, le grand évincé du gouvernement, ne s’y est pas rendu, préférant assister comme prévu à la table ronde à laquelle il était programmé comme ministre de l’Economie. Belle cohue également lors de l’arrivée de celui qui entend bien poursuivre sa dénonciation de « l’austérité ».

Accueilli sous les acclamations, mais aussi les sifflets des militants, il a fait « l’éloge de l’intervention de l’Etat dans l’économie ». Revenant sur son limogeage, M. Montebourg a jugé que c’était parfois le « destin » des « hommes d’Etat » de « se faire congédier » quand « ils ont parfois – pas toujours – raison ».

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, qui doit se livrer à un délicat exercice d’équilibriste, veut afficher la sérénité. La création de « Vive la gauche », « ça fait partie des droits dans le PS, les courants, les sous-courants… ». « Les divergences », « moi, je veux les surmonter », a-t-il dit. Lui mise sur ses états généraux du PS pour canaliser les débats et rénover « de fond en comble » l’organisation du parti, quand l’aile gauche réclame, elle, un congrès au plus vite.

A la veille du discours de clôture de Manuel Valls, le président de l’Assemblée Claude Bartolone a livré quelques conseils devant des journalistes. Tout à fait d’accord avec « son discours en direction des entreprises » et relativisant les tensions actuelles au PS – selon lui « de la roupie de sansonnet par rapport au congrès de Rennes » – il a incité le Premier ministre a dire « ce qu’est le socialisme aujourd’hui » pour ne pas se laisser entraîner vers des querelles sémantiques sur « le social-libéralisme ». Mais lui aurait tenu son « premier discours ici plutôt qu’au Medef ».

Autre moment chaud attendu samedi : une plénière en fin d’après-midi, avec les dirigeants communiste et écologiste, Pierre Laurent et Emmanuelle Cosse, autour du thème de l’unité de la gauche. M. Laurent a promis un « langage de vérité »…

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