extrême droite, Grèce

Crépuscule grecque

Reuters le 28/09/2013 à 14:34

La police grecque a arrêté samedi le chef d’Aube Dorée, deux députés et plusieurs autres membres du parti d’extrême droite, dont l’un a été inculpé pour complicité dans le meurtre d’un rappeur antifasciste, a annoncé la police.

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Le leader du parti ultranationaliste, Nikolaos Mihaloliakos, son porte-parole, Ilias Kasidiaris, deux autres députés et dix membres du mouvement sont accusés d’avoir formé une organisation criminelle, a précisé la police.

Ils vont être présentés à la justice au cours du week-end pour se voir notifier les charges retenues contre eux, a-t-elle ajouté. « La démocratie grecque est solide », a dit le ministre de la Justice, Haralambos Athanassiou. « Tous ceux qui ont été arrêtés bénéficieront d’un procès équitable. »

La police grecque enquête sur les liens entre Aube Dorée, dont des membres sont entrés pour la première fois au Parlement en 2012, et le meurtrier d’un rappeur engagé contre le racisme par un néo-nazi se réclamant du parti d’extrême-droite.

Plus de 10.000 Grecs ont manifesté mercredi à Athènes pour dénoncer l’assassinat de Pavlos Fissas, 34 ans, le 17 septembre, et des affrontements ont éclaté entre protestataires et forces de l’ordre qui leur interdisaient l’accès au siège d’Aube Dorée.

Aube Dorée, qui réfute le qualificatif de néo-nazi et dément toute implication dans le meurtre de Pavlos Fissas, a brandi la menace d’une démission collective de ses 18 députés si la répression continue, ce qui entraînerait des élections partielles à haut risque pour la coalition gouvernementale au moment où Athènes pourrait avoir à négocier un troisième plan d’aide avec ses créanciers internationaux.

PAS DE LÉGISLATIVES ANTICIPÉES

« Honte à eux, le peuple portera Aube Dorée plus haut », a lancé à la presse un des députés, Ilias Panagiotaros, juste avant son arrestation.

Le Premier ministre, Antonis Samaras, a exclu la tenue d’élections législatives anticipées après ces arrestations, et a assuré que son gouvernement voulait avant tout assurer la stabilité du pays.

« L’affaire est maintenant devant la justice », a-t-il dit à la presse à l’issue d’une réunion consacrée aux arrestations, le plus important coup de filet visant un parti politique depuis la chute du régime des colonels en 1974.

« Justice, stabilité, sans élections », a-t-il souligné à sa sortie de la réunion, au cours de laquelle il a tenu informés des représentants de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), les principaux créanciers du pays, de la situation après le coup de filet.

Le ministre des Finances, Yannis Stournaras, a lui aussi a assuré qu’ »il n’y a aucun risque de déstabilisation ».

Aube Dorée était créditée de 14% des intentions de vote dans les sondages réalisés avant le meurtre de Pavlos Fissas, mais ce chiffre est tombé à 6,8% dans une enquête publiée cette semaine.

Les élus grecs ne peuvent pas être déchus de leurs droits civiques ou de leurs sièges tant qu’il n’ont pas été condamnés définitivement par la justice, mais le gouvernement d’Antonis Samaras a rédigé un projet de loi qui pourrait mener à la suspension du financement public d’Aube Dorée si la police établit un lien entre le parti et l’assassinat de Pavlos Fissas.

Harry Papachristou et Renee Maltezou; Tangi Salaün et Eric Faye pour le service français

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