Chypre

Toujours fermées

Reuters le 26/03/2013 à 15:33

par Michele Kambas et Costas Pitas

NICOSIE (Reuters) – Le président de la première banque de Chypre a remis sa démission mardi et plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Nicosie, où les banques sont restées fermées pour le 11e jour consécutif au lendemain d’un plan de sauvetage qui s’annonce douloureux.Toujours fermées dans Chypre

Les agences bancaires ne rouvriront que jeudi à Chypre et toutes les transactions financières resteront ensuite strictement encadrées pour empêcher une fuite des capitaux.

Selon une estimation de Reuters, quelque 3.000 lycéens et étudiants ont défilé devant le parlement, première manifestation de la colère populaire depuis l’accord conclu lundi matin à Bruxelles, qui doit sauver le système bancaire chypriote mais implique sans doute des années d’austérité.

Le président de Bank of Cyprus, Andreas Artemis, a quant à lui remis sa démission, a-t-on appris d’une source au sein de la banque.

« Il a envoyé ce matin une lettre de démission qui va être étudiée en conseil d’administration cet après-midi », a précisé la source, qui a requis l’anonymat.

Un administrateur judiciaire, Dinos Christofides, a déclaré à Reuters avoir été désigné dans la nuit par la banque centrale pour superviser « la restructuration de la banque et l’absorption d’une partie de Cyprus Popular Bank ».

LES FLUX DE CAPITAUX ENCADRÉS

L’accord conclu par Nicosie avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) prévoit la fermeture définitive de Cyprus Popular Bank », avec à la clé une lourde taxation des dépôts non garantis, c’est-à-dire supérieurs à 100.000 euros, pour payer les dettes et renforcer les fonds propres.

Les comptes inférieurs à 100.000 euros doivent être transférés à Bank of Cyprus.

Le ministre des Finances Michael Sarris a déclaré mardi que les plus gros clients des banques pourraient perdre environ 40% de leurs dépôts.

Le président chypriote Nicos Anastasiades a reconnu lundi soir que l’accord était « douloureux » mais a assuré qu’il s’agissait du meilleur compromis possible étant donné les circonstances.

Les conditions exactes de l’encadrement des mouvements de capitaux - »très temporaire » selon Nicos Anastasiades- ne sont pas encore clairement définies.

Michael Sarris a estimé que la durée de l’encadrement des flux financiers était « une affaire de semaines ».

De tels contrôles vont à l’encontre du principe de libre circulation en vigueur dans l’Union européenne, mais cette entorse est jugée nécessaire pour éviter un mouvement de panique et une ruée vers les guichets bancaires qui ajouterait encore aux difficultés du pays.

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