Italie

Souveraine

L’Italie, en pleine crise politique depuis que les élections législatives de février l’ont laissée sans majorité parlementaire, a subi vendredi une première sanction de la part de l’agence de notation Fitch, qui a dénoncé une combinaison d’incertitude et de récession et dégradé sa note souveraine d’un cran.

Fitch avait déjà émis un premier avertissement la semaine dernière, prévenant que la situation politique « accroissait la pression sur la note », déjà menacée d’abaissement avant même les élections.

La sentence est tombée vendredi soir: la note de l’Italie est abaissée d’un cran, passant de « A- » à « BBB+ » et demeure assortie d’une perspective négative, c’est-à-dire en butte à une éventuelle nouvelle dégradation.

« Le résultat peu clair des élections législatives italiennes des 24-25 février rend peu probable la formation d’un nouveau gouvernement stable dans les semaines à venir », a expliqué Fitch. « L’incertitude politique croissante et le contexte peu propice à de nouvelles réformes structurelles représentent un choc supplémentaire pour l’économie réelle, alors que sévit déjà une profonde récession », explique l’agence.

De fait Fitch relève que la récession en Italie est l’une des pires d’Europe et se montre beaucoup plus pessimiste que d’autres institutions au sujet de l’évolution tant du PIB que de la dette publique du pays.

Elle dit prévoir une contraction de 1,8% du PIB en 2013 (après -2,4% en 2012) et sur une dette publique de près de 130% du PIB en 2013, soit beaucoup plus que dans ses prévisions de la mi-2012 (125%). La Commission européenne par contraste table dans ses prévisions d’hiver sur un recul de 1% du PIB et une dette à 128,1% du PIB.

« Un gouvernement faible pourrait être plus lent et moins à même de répondre à des chocs internes ou externes », estime-t-elle.

Dix jours de consultations entre les principaux protagonistes politiques du pays n’ont pas encore permis de dénouer le casse-tête de la constitution d’une majorité et des voix s’élèvent pour réclamer un nouveau scrutin. La première réunion des deux chambres du Parlement est prévue le 15 mars.

La dégradation de sa note risque de faire remonter la tension sur les marchés financiers, qui, après avoir très vivement réagi aux résultats du vote, avaient retrouvé le calme ces derniers jours.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi s’était efforcé jeudi de rassurer au sujet de l’Italie et des risques de retour de la crise de la dette en zone euro. « Après une certaine nervosité immédiatement après les élections, les marchés sont revenus plus ou moins à leur niveau d’avant », a-t-il déclaré, jugeant les marchés « moins impressionnés que les responsables politiques » et les journalistes.

Fitch pourrait à nouveau abaisser la note italienne, notamment si la récession s’avérait encore plus longue et profonde que prévu, et en venait à peser sur les efforts budgétaires du pays et à accroître les risques pour le secteur bancaire. A cet égard, elle n’exclut pas en cas de récession plus forte que prévu que Rome se retrouve contrainte de voler au secours d’autres banques après l’aide accordée la semaine dernière à Banca Monte dei Paschi di Siena.

L’agence note cependant que l’économie italienne devrait « commencer à sortir de sa profonde récession à partir du 2e semestre 2013″ étant donné que ses principales causes –consolidation budgétaire, conditions de crédit resserrées et faible demande extérieure– devraient commencer à se dissiper.

Fitch devient ainsi la première agence à dégrader la note de l’Italie après les élections. Ses deux concurrentes Moody’s et Standard and Poor’s tiennent également la note de l’Italie sous surveillance négative.

SP avait fait savoir fin février que le résultat des élections législatives n’avait « pas d’implications immédiates pour la note de la dette souveraine de l’Italie ». De son côté Moody’s avait jugé qu’il représentait « un élément négatif » pour la note italienne et mis en garde contre des implications pour d’autres pays, surtout les plus fragiles en raison de « l’importance systémique de l’Italie »

Souveraine dans Italie

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Une réponse à “Souveraine”

  1. Le 10 mars 2013 à 9 h 31 min ATM a répondu avec... #

    Les agences de notation sont en grande partie responsables de la crise financière. Elles n’ont pas vu, voire couvert, la crise des subprimes et les risques inconsidérés pris par les traders de tout poil. Elles n’ont aucune légitimité pour donner des leçons à quiconque, et certainement pas au peuple italien, même si le résultat des élections ne permet pas à ce pays de disposer d’une majorité stable pour gouverner.

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