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La foire du trône

La foire du trône dans pollutionSouvent synonymes de trou fétide au fond du jardin ou d’invention de baba-cool, les toilettes sèches – sans chasse d’eau – ont pourtant conquis les festivals de l’été, où le public les a adoptées sans trop rechigner, contribuant à briser peu à peu les tabous.

Leur présence dans de nombreux festivals – une spécificité française – « est un vecteur extrêmement efficace » de sensibilisation à ces toilettes écologiques, se félicite Benjamin Berne, chef de projet à l’association Toilettes du Monde.

Non-pollution de l’eau par les matières fécales, économies d’eau potable et constitution d’un compost de qualité à partir des déjections sont les principaux atouts de ces toilettes – par ailleurs silencieuses et inodores – mis en avant par leurs promoteurs.

Séduit, le festival breton des Vieilles Charrues, fréquenté quotidiennement par 60.000 personnes en cette fin juillet, est ainsi passé de 10 cabines en 2005 à 120 en 2012.

Un choix qui ravit son directeur, Loïck Royant: « il y a une vraie adhésion » du public, après une première année en demi-teinte « où les gens pensaient qu’on retournait aux toilettes de grand-mère au fond du jardin ».

Elles « ne sentent rien, contrairement aux toilettes chimiques », relève M. Royant.

Côté économies d’eau, le choix s’avère intéressant: « au grand minimum 200 m3 d’eau économisée », estime Quentin Sibérit, attaché de production « développement durable » des Vieilles Charrues. Soit environ la consommation moyenne annuelle d’une famille de quatre personnes.

Sur les 120 cabines du festival, 90 sont louées à un prestataire extérieur. Une activité quasiment inexistante il y a cinq ans mais qui connaît désormais « un développement important » même si « le marché reste encore limité », affirme Toilettes du Monde. En France, où « 3.000 à 6.000 foyers sont équipés » de toilettes sèches, l’association a recensé « une centaine de structures spécialisées » aux noms évocateurs: la Foire du Trône, Les copeaux d’abord, Libertamer…Louche de sciure

L’activité « monte petit à petit », confirme Fabien Lucas, responsable des « Fabulous Toilettes » à Saint-Nazaire. « Des particuliers se rendent compte qu’il ne s’agit pas d’une invention farfelue réservée aux babas cool », explique-t-il. « Ils voient le côté écolo mais aussi pratique: il n’y a pas besoin de raccordement au réseau d’assainissement. Donc, on fait des économies sur l’installation de plomberie, et sur l’eau potable », détaille-t-il.

Surtout, avec des toilettes classiques, « pour un tout petit caca, on va engendrer une pollution énorme en termes de nitrates et de phosphore, alors qu’on peut le composter et éviter d’utiliser des engrais coûteux et polluants. Mais on préfère appuyer sur le bouton… », regrette-t-il.

Car si l’utilisation des toilettes sèches est simple – il suffit de mettre du papier hygiénique dans la cuvette, ouverte sur un seau en inox, et de couvrir le tout d’une louche de sciure pour anéantir les odeurs – leur entretien implique quelques contraintes, reconnaît Estelle Rolland, gérante du bureau d’études Aqualogik.

Pour quatre personnes, « on vide le seau tous les 3 ou 4 jours dans le compost – où les germes pathogènes sont détruits – avant de le laver à l’eau et au vinaigre blanc », explique-t-elle.

« Ca prend au maximum 15 minutes, mais il faut être disponible et avoir un jardin », admet-elle, convaincue pourtant que cette alternative à la chasse d’eau représente « une solution d’avenir ».

Reste que les réticences ont la peau dure: il est vrai que « ma belle-soeur +évite+ » ce petit coin: « elle sait que c’est nous qui vidons le seau », relève Estelle Rolland.

L’eau de la planète est répartie dans différents réservoirs. Le plus grand est composé des mers et océans : plus de 97 % de l’eau présente sur Terre est salée, contre moins de 3 % d’eau douce. Plus des deux tiers de l’eau douce est conservée à l’état solide dans les glaces polaires et les neiges éternelles, et un peu moins d’un tiers est constitué des eaux souterraines. Le reste des réserves d’eau douce est réparti principalement à la surface des continents dans les lacs, les cours d’eau et également dans l’atmosphère.

L’organisme d’un être humain adulte contient en moyenne 65 % d’eau, soit environ 42 litres d’eau pour une personne de 65 kilogrammes. Cette eau n’est pas répartie uniformément dans le corps, sa concentration varie d’un organe à l’autre. L’organisme élimine quotidiennement au moins 2 litres d’eau via la transpiration, la respiration et les excrétions. L’être humain compense ces pertes par les boissons et les aliments qu’il consomme.

L’eau, qui circule dans le corps, est nécessaire à tous les fonctionnements physiologiques de l’organisme. Elle intervient par exemple dans la circulation sanguine, l’hydratation des tissus, la digestion des aliments, la thermorégulation et la communication hormonale entre les organes.

 

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